par Fatima Amezghal et Sarith Compernolle
Depuis le 1er juillet 2026, de nouvelles règles s'appliquent aux flexi-jobs. Cette réforme élargit considérablement le champ d'application du dispositif et modifie également plusieurs conditions relatives à l'emploi, à la rémunération et à l'évaluation. Voici un aperçu des principaux changements.
La modification la plus importante est l'extension du système des flexi-jobs à (presque) tous les secteurs, tant dans le secteur privé que dans le secteur public.
Cette extension s'effectue tout en maintenant les règles existantes concernant l'accès aux professions réglementées. Dans le secteur public, il convient en outre de toujours respecter les dispositions statutaires applicables.
À partir du 1er juillet 2026, tous les employeurs pourront en principe recourir à des travailleurs en flexi-job, sauf si leur secteur est expressément exclu. L'exclusion générale des fonctions artistiques, technico-artistiques et de soutien artistique reste toutefois maintenue.
Par ailleurs, les secteurs conservent la possibilité d'exclure totalement ou partiellement le système des flexi-jobs par le biais d'un mécanisme dit d'« opt-out ». En principe, les commissions paritaires pourront fixer ces exclusions chaque année. Pour l'année 2026, un régime transitoire prévoit qu'une exclusion totale ou partielle pourra également être décidée par trimestre.
Des restrictions supplémentaires sont également prévues pour les secteurs de l'accueil de la petite enfance et des soins de santé. Les établissements de ces secteurs pourront limiter le recours aux flexi-jobs à un certain pourcentage de leur volume total de travail.
Les conditions de base pour exercer un flexi-job restent inchangées. Un travailleur en flexi-job (à l'exception des pensionnés) doit être occupé au moins à 4/5e au cours du trimestre de référence T-3.
À partir du 1er juillet 2026, la période de référence applicable aux pensionnés exerçant un flexi-job est modifiée. Alors qu'auparavant le travailleur devait être pensionné au cours du trimestre T-2, il devra désormais l'être au cours du trimestre T.
Cela signifie que le travailleur devra effectivement être pensionné pendant le trimestre au cours duquel il exerce le flexi-job.
L'interdiction de travailler simultanément chez le même employeur en tant que salarié ordinaire et en tant que travailleur en flexi-job demeure en vigueur.
Une exception est toutefois introduite pour les agences de travail intérimaire. À partir du 1er juillet 2026, un travailleur intérimaire pourra être employé simultanément comme intérimaire et comme travailleur en flexi-job, à condition que ces prestations ne soient pas effectuées auprès du même utilisateur.
L'interdiction d'exercer un flexi-job au sein d'entreprises liées est également assouplie pour les travailleurs à temps plein.
À partir du 1er juillet 2026, les travailleurs à temps plein pourront exercer un flexi-job au sein d'une entreprise liée.
Le mode de calcul du plafond salarial est également modifié.
À partir du 1er juillet 2026, la limite de 150 % sera calculée uniquement sur la base du salaire de base et non plus sur le flexi-salaire. Les primes et avantages découlant d'obligations légales ou sectorielles ne seront donc plus pris en compte pour déterminer cette limite.
En revanche, les avantages accordés individuellement à un travailleur continueront à être pris en considération.
Pour le secteur de l'horeca, un salaire horaire maximal spécifique est instauré pour les travailleurs en flexi-job.
À partir du 1er juillet 2026, ce plafond sera fixé à 21 euros par heure. Ce montant sera en outre soumis aux indexations habituelles.
La réforme prévoit également une évaluation du système des flexi-jobs.
Un an après son entrée en vigueur, les éléments suivants seront examinés :
les fonctions dans lesquelles les travailleurs en flexi-job sont employés ;
l'ampleur de leur occupation ;
la réalisation des objectifs de la réforme ;
l'impact de la nouvelle réglementation.
À l'issue de cette première évaluation, un suivi sera réalisé chaque année.
La nouvelle réglementation s'applique aux prestations effectuées à partir du 1er juillet 2026.
Les prestations réalisées avant cette date restent soumises aux anciennes règles.
Cette réforme offre davantage de flexibilité aux employeurs, puisque (presque) tous les secteurs pourront désormais recourir au système avantageux des flexi-jobs. Il reste toutefois essentiel de vérifier que vous-même et votre travailleur remplissez toutes les conditions légales. Même sous la nouvelle réglementation, une application correcte des règles relatives aux flexi-jobs demeure indispensable.
Vous avez des questions sur l'application concrète de ces nouvelles règles ou souhaitez être accompagné dans leur mise en œuvre ? Nos experts en droit social se tiennent à votre disposition pour vous fournir des conseils adaptés aux besoins de votre entreprise.
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Fatima Amezghal
Sarith Compernolle
Senior Advisor Social Legal sarith.compernolle@vdl.be
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